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Tribune : "Refaisons de l'école de journalisme une école de la République"

A l’heure où les médias et les journalistes en particulier souffrent d’un déficit d’image (selon l’expression consacrée), voyant leur crédibilité et leur impartialité remise en cause de manière récurrente, il est temps de revoir  les enjeux de cette belle profession. Le statut du journaliste paradoxal : il est à la fois perçu comme le pion de forces politiques et de groupes de pression économiques, alors qu’il ne fait partie de l'élite que par "l'entrée des artistes".

L’affaire récente de la #LigueduLol est venue conforter cette image de « jeunes trentenaires blancs et cyniques », surdiplômés, issus pour la plupart de milieux intellectuels. A l’instar de la publicité et la communication, les métiers du journalisme se rattachent symboliquement à des sphères parisiennes parfois déconnectées de la réalité des Francais.

Il est en réalité temps de corriger cette image figée en ouvrant davantage les portes de ces métiers à un plus grand spectre de populations, endiguant ainsi les freins psychologiques qui en découlent. Ce n’est pas tant faire de la discrimination positive, que de refaire des écoles de journalisme, de vraies écoles de la République, où chacun peut se sentir libre de réussir. N'oublions pas que les statistiques montrent aussi que la formation en journalisme ouvre un boulevard à d'autres métiers où la maitrise du verbe, de la plume et de l'image est essentielle : la communication, notamment institutionnelle, le community management et la politique.

A l’ESJ, nous appliquons un principe fidèle à cette conviction : le journalisme ne doit pas être un lieu de reproduction des élites, en "entre-soi. En réalité, le journalisme, ça se pratique et ça se découvre en théorie et en pratique.

A l’ESJ, les futurs étudiants ne sont pas tant reçus sur des critères para-universitaires que sur des critères d’adaptabilité et de correspondance avec les qualités intrinsèques au métier : curiosité, réactivité, prise de recul, envie d’apprendre. La sélection se fait naturellement, d’elle-même, pendant la formation. De fait, 85% à des étudiants trouvent un emploi au cours ou bien au décours de leur scolarité (chiffre au dessus de la moyenne nationale). C’est en donnant l’opportunité à chaque élève de se découvrir « journaliste » et non pas de se proclamer « futur journaliste », avant même d’avoir reçu son premier cours, que nous serons en mesure de modifier les représentations et de faire avancer les choses.

Guillaume JOBIN, président de l'ESJ Paris

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